mardi 29 janvier 2008

Allemagne, les années noires. Musée Maillol.

Des oeuvres d' Otto Dix et de George Grosz pour l'essentiel. Des dessins surtout.

Une expo présentée en deux temps :

Au rez-de-chaussée, les oeuvres réalisées pendant la guerre [au plus près de l'horreur : la mort, la peur, la boue, l'enfer...].

A l'étage, les oeuvres réalisées après la guerre [images d'un pays vaincu, déliquescence politique et économique, inflation, pauvres gens et profiteurs de guerre].

De nombreux documents d'archives ponctuent l'expo : quelques extraits de films, des affiches, des objets...

Un parti pris historique, simple et complet, très didactique et documenté. [Et éloigné des explications parfois brumeuses/fumeuses qui font les délices de l'histoire de l'art]

Une expo passionnante tant il est rare de voir la guerre côté allemand [Des deux côtés de la frontière, partout la même violence et le même déchirement].



En épilogue, une visite rituelle à Poliakoff, dans les salles plus calmes du dernier étage. Le plaisir étant de se planter au milieu de la pièce et de se laisser absorber jusqu'à faire partie de ces grandes toiles colorées !...

A chaque visite je me demande quelle toile j'aimerai avoir au dessus de mon lit, en un tête à tête singulier. La réponse varie au fil des saisons...


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Allemagne, les années noires.
Au Musée Maillol jusqu'au 4 février 2008
http://www.museemaillol.com

mardi 22 janvier 2008

Du vent !


Quelques nouvelles salées bien réjouissantes à se mettre sous la dent en cette fin d'hiver qui n'en finit plus de se traîner !

Francis Joyon sur Idec a fini son tour du monde en établissant un record extraordinaire de 57 jours et 13 heures ! J'ai beaucoup aimé l'esprit de son aventure, proche de la mer et loin des gadgets technologiques de tous poils (du bout du monde il n'a envoyé que 3 photos, dont 2 d'albatros, et aucune vidéo, extra !)

L'équipage de Groupama va s'élancer sur le même parcours. En ce moment, en attente d'une fenêtre météo optimale pour dévaler l'Atlantique à un rythme d'enfer...

Les 5 duos de la Barcelona World Race se tirent une bourre passionnante, pris dans les systèmes météos alambiqués de l'Atlantique sud.

Quand à moi, petit terrien accroché au mat de Moby-Dick, je continue ma route incertaine sur Liveskipper, à la poursuite de Fend la bise qui m'a largué depuis belle lurette, profitant d'une option catastrophique dans le détroit de Cook !...

Bons vents à vous tous !!

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Crédits photos Francis Joyon

dimanche 20 janvier 2008

Les invités au mariage

Une amie se marie au printemps prochain. L'évènement était attendu depuis longtemps déjà, la confirmation nous est parvenue sans trop de surprise... Courrier classique, rien à en dire. Sauf que... Dans le faire-part, un feuillet soigneusement plié : écrit sur papier bible se trouvait la liste par le menu des motivations de sa décision irrévocable !

Des extraits de livres, des citations, des pensées profondes, quelques poésies : bref, un argumentaire détaillé ; le guide du parfait ménage en amour !

A côté des bondieuseries habituelles [Dieu d'amour et don de soi, fidélité et arche d'alliance], une foule de références à des philosophes coulés dans le bronze, dont la seule évocation fait frémir, et le nom une énigme ouvrant en préambule sur des pages insondables [Schopenhauer, Nietzsche, Kierkegaard, Rilke...]. Beaucoup d'anciens et de statues de marbre. Peu de modernes.

Une litanie de bons sentiments qui laisse présager finalement une vie prévisible, longue et heureuse. Saine et en tout point exempte du moindre soupçon d'aventure...


Personne ne pris cela trop au sérieux...
Plus tard pourtant, je me suis demandé quelle aurait la gueule de mon mariage si je devais le juger à l'aune de mes lectures.
Et là, j'ai moins ri !...


En toile de fond, le vent glacé des écrivains du Nord : Jo Nesbo, Henning Mankell, Stieg Larsson, Gunnar Staalesen. Un monde de grisaille et de désolation un peu poisseuse. La pluie et le vent. Le froid de l'hiver et des jours de nuit sans fin.

La violence comme thème récurrent. L'absence d'espoir, la mort (violente de préférence), la trahison et l'adultère. Une ambivalence de sentiments. Des ambiances louches et des coups tordus...

Je me suis rendu compte que je ne lisais plus que des polars finalement.
- Les Américains, mes premiers amours : Michael Connelly et les aventures de Harry Bosch (tous sont construits un peu pareil, mais c'est bien efficace !).
- Les livres d'Ellroy dans lesquels on rentre sur la pointe des pieds, en retenant son souffle. Dés les premières lignes, une violence et une complexité pas possibles. Une immersion complète. Des séries de lectures d'une traite, en état hypnotique, pour émerger de cette apnée quelques jours plus tard le souffle court et l'esprit plus très assuré...

- Les Nordiques : tous les Nesbo [L'homme chauve souris, Les cafards, Rouge gorge, Rue sans Soucis,...], la série des Millenium [que je lis doucement pour savourer le plaisir], le second degré de Staalesen pris dans la nasse poisseuse de Bergen...

Des rythmes dynamiques, des histoires ciselées et des écritures au scalpel ! Une sélection de mots qui claquent. Et toujours un humour assassin, noir et décalé !
- Blaise Cendrars, voyageur du monde et ici Français parmi les étrangers. Auteur dont la vie à elle seule est un roman d'aventure. Il a vécu mille vies et raconté mille histoires.
- Pete Dexter. Des romans d'un dynamisme incroyable. Pas une phrase qui ne soit de trop et qui ne serve le récit. Toujours une écriture tournée vers l'action et qui va de l'avant.
- Sinclair Lewis. Des romans d'une lucidité et d'une modernité incroyables. Une écriture claire et concise, un luxe de détails. Une moquerie incisive, ravageuse et superbe !
Quelques romans sont traduits en français [Babbitt, Elmer Gantry, Le lac qui rêve - qui a une grande part de responsabilité dans ma décision de vivre au Canada]. On trouve les autres chez les bouquinistes parfois (et sur ebay toujours...)
- Steinbeck, Hemingway, Tony Morrison, Jack London, Walter Mosley : mes héros américains vers lesquels je reviens toujours et qui m'accompagnent partout !

Quelques poèmes qui sont autant de météorites : Paques à New-York et Prose du Transsibérien de Cendrars, For to admire de Kipling...

Une pointe de latinité enfin !
- Alessandro Baricco. Des récits colorés, exubérants, du rythme et de la vie !
- Antonio Lobo Antunes. Une petite musique qui monte comme une houle, jusqu'au manque d'oxygène, pour retomber lentement. Des descriptions au plus près de la vie [de la grand fresque du Portugal, de la colonisation de Angola, aux intérieurs un peu kitch des appartements de grands-mères]. Un rythme en boucle. Un foisonnement d'histoires imbriquées. Des mises en abîmes. Des personnages qui se répondent en échos. La vie en parallèle des vivants et des morts, qui d'hier à aujourd'hui se croisent encore et se rencontrent sans cesse.



Bref : une photo de mariage habitée par une flopée sensationnelle !

Harry Hole, Harry Bosch, Easy Rawlins, Varg Veum, les alcooliques suicidaires d'Arto Paasilinna. Le Dalia Noir. La famille Babbitt. Les Dodworth.
Les elfs de Tolkien.
Le vaste monde de Kipling.
Braque, Apollinaire, Picasso, les amis de Cendrars et quelques perroquets aux couleurs merveilleuses, venus de voyages lointains.

Du vent et un soleil glacé qui ne réchauffe personne. Quelques chiens de traîneaux.

Des femmes, de la vie et de l'alcool ! Une fête à tout casser et des lendemains de gueule de bois...

Un mariage plus proches de Freaks que de Cendrillon !

dimanche 13 janvier 2008

Virée en Irlande - 2





Balade irlandaise, folk/blues, vent, sable et contre-jours !

>> Et, Mick Flannery, la musique de ce petit road-trip improvisé... (page myspace et site perso)

lundi 7 janvier 2008

Lumière glauque

Lumière jaune graisseuse. Grésillement de lumière froide et néon haletant, hoquetant, et pour tout dire, sur le point de mourir.

Petit frisson à l'épine dorsale à la vue d'un rai de lumière sous la porte, et ne jamais savoir qui sera derrière, tapis dans l'ombre. L'oeil vitreux et la main molle [un dégoût amère, du temps où je la serrais encore, dans des politesses de hareng alanguis].

Lui dans la cours, l'oeil jaune et le teint pale. Semblable à ces poissons des grandes profondeurs à la peau translucide, visqueux et mauvais, tapis dans les caillasses.
Lui prenant l'air sur un banc le soir [et moi de le soupçonner de tapiner].
Lui de disparaître souvent, de longs jours et de revenir au petit matin [et moi de le soupçonner de frotter son corps maigre contre celui d'un compagnon de misère, de faire aller ses grands doigts blancs en des mouvements saccadés vers d'autres matières plus molles encore, et suintantes, et de jouir de jeux lubriques à l'ombre des grands arbres].

Et toujours cette odeur de mort et de merde collée au corps comme une ombre malsaine qui grandit et s'étend comme un cancer crasseux [Avec à l'identique des phases de rémissions comme une réminiscence heureuse d'un passé oublié. Et souvent aussi des pulsions violentes d'oubli et d'abandon].


- Jamais dans la cage d'escalier je ne touche à la rampe, aux interrupteurs, ou aux poignets de portes. Et sais-tu comment on m'appelle ?
- Non
- Le capitaine Crochet !...

jeudi 3 janvier 2008

Virée en Irlande

Virée en Irlande. Beaucoup de vent, beaucoup de sable, pas trop de pluie, beaucoup de bonheur !


Quelques infos utiles :

Deux compagnies pas trop chères : http://www.aerlingus.com et http://www.ryanair.com/site/FR

La navette, incontournable, qui relie Beauvais à Paris : http://www.aeroportbeauvais.com

Une fois sur place, une compagnie de bus sillonne le pays dans tous les sens et relie les principaux aéroports. Les horaires ne sont pas très flexibles, il faut faire avec...

http://www.buseireann.ie/site/home


Vivement le prochain voyage...

mardi 18 décembre 2007

Nouvelle étape - attente...

Retour au réel, en occurrence, la longue route qui mène au Québec !

Une nouvelle fournée de papiers a été rassemblée, tamponnée et envoyée, avec moult renseignements concernant les moments forts de ma brève existence.

Attente...

En parallèle une démarche de fond pour préparer au mieux le grand
saut :
    - créer un site Internet très professionnel (et pas du tout anonyme celui-là...) pour préparer au mieux mon arrivée en douceur sur le marché du travail de la Belle Province, avec en passant quelques questions d'importance [autant privilégier l'humain - le bilan d'une vie se jauge aux moments d'amitiés et d'étreintes ; et je n'ai plus le coeur à passer 12 heures par jour devant un ordi à tracer des lignes de code]

    - penser à régler une foule de démarches désagréables (assurance, banque, appart, job and Co, impôts, billets d'avion...)

    - réaliser que le Canada n'est plus pour moi un fantasme brumeux mais un vrai pays avec un champ des possibles infini, mais aussi des possibilités infinies de se casser la gueule...

    - quoi me séparer des amis et de la famille !? Et de trouver une solution : les faire immigrer tous ! Mais de réaliser que tous n'étaient pas prêts à tout quitter et à larguer les amarres pour une vie d'aventure (et d'incertitudes, ah...)


Si loin, si proche...

Attente...

jeudi 13 décembre 2007

Helen Levitt à la Fondation Cartier-Bresson

Par une curiosité que je ne m'explique pas, régulièrement, comme je quitte le Canal Saint-Martin et sa fureur de vivre pour faire mes révérences amicales à la Fondation Cartier-Bresson, je suis obligé de braver la tempête !... Si bien que je n'ai vu cette superbe fondation du fond de l'Impasse Lebouis que dans le clair-obscur de la nuit tombée, sous des ciels gris-bleus d'orage, les nuages défilants au-dessus de nos têtes balayées par des vents rageurs !

Aujourd'hui encore, luttant contre les courants contraires je me fis allié du mauvais temps, et arrivai transi, trempé et heureux, pour me jeter avec délice dans l'oeuvre de Helen Levitt exposée ici, que je connaissais si mal, mais dont quelques photos, piochées ici et là, m'accompagnaient partout...

L'exposition, présentée sur trois étages, est passionnante !

Helen Levitt s'est tellement remise en question [a tellement remis son art en question], et fait évoluer sa pratique de la photo [techniques, cadrages, couleurs, perspectives] qu'on a l'impression de découvrir sur deux niveaux les oeuvres de photographes différents.

Au premier, des photos en noir et blancs prises dans les quartiers pauvres de New-York. Des scènes de rues pour la plupart. Prises sur le vif.
Il n'y a pas d'effet recherché, les cadrages sont propres, posés, équilibrés.
Il y a une grâce qui transparait de toutes ces photos, une candeur comme si l'époque était alors plus douce que la notre, une naïveté aussi - [dans les regards doux et un peu lointains, les graffitis dessinés à la craie sur les murs ou à même la route, les jeux d'enfants, l'idée d'une pauvreté qui ne serait pas violente, d'une égalité candide des blancs et des noirs] - et souvent de l'humour et du détachement.

Au deuxième étage, les mêmes rues, mais la donne a changé ! Comme deux faces d'une même réalité ; l'une négative, l'autre positive ! (Ce qui finalement est assez logique dans une expo photo...)

Les photos ici sont de couleurs vives [de grandes portes décrépites aux aplats de rouges écaillés de blancs, des verts olive parcheminés de jaunes, des touches de verts éclatants, des bleus profonds], et laissent affleurer partout une violence contenue [les cadrages se font dynamiques, les images se télescopent, les corps sont en mouvement, forts et musculeux , le travail est physique, harassant [de pousser des chariots à roulettes, de porter des sacs géants], les corps sont dédoublés, pris dans des jeux de miroir, la ville est fiévreuse, la vie fragmentée et éclatée]. Des volutes de tags enveloppées de couleurs ont remplacé les graffitis en bâtonnets tout raides des enfants.

La troisième salle s'ouvre sur un loft ouvert et lumineux qui domine Paris.

Et moi, tanné dans un canapé devant un film drôle et trépidant, de me dire que décidemment j'adore cette photographe. Que j'adore cette Fondation. Et de me promettre d'y retourner vite, un jour prochain de tempête !...

Mais encore !
Fondation Cartier-Bresson : www.henricartierbresson.org
Crédits photo : Helen Levitt

samedi 8 décembre 2007

Bouquin en cours - Les âmes grises

Les âmes grises, de Philippe Claudel.

Il se dégage pour moi de ce livre une impression de bleu teinté de gris.

La couleur de la ligne horizon des Vosges. La couleur du froid et de la glace. De la fumée et de la patine métallisée des armes.

Je l'avais lu il y a longtemps déjà, et m'y replonge avec délice, en ces temps d'hiver et de pluie - lové bien au chaud dans une lumière orangée, sautillante de feu à l'âtre ; nourri en perfusion de petits cakes aux fruits confits et de thé parfumé.

Et me régale de cette petite musique, de ces mots superbes et cristallins, choisis à propos et à usage unique, enchâssés dans un cocon de phrases ciselées aux équilibres parfaits.



Mais encore !

La première phrase :
Je ne sais pas trop par où commencer.

La dernière phrase :
Je peux maintenant te rejoindre.

Extrait :
Quelquefois, lorsqu'elle le rencontrait dans la rue, elle lui caressait le front comme on le fait pour ceux qui ont la fièvre, et lui se pâmait alors de connaître la tiédeur de sa paume.
Plusieurs auraient aimé être à la place de l'innocent. Maire était en quelque sorte leur part de rêve. La jeune femme le berçait comme un enfant et lui avait des attentions de jeune fiancé. Aucun ne pensa jamais à s'en moquer.


Les âmes grises, Philippe Claudel.
Code EAN / ISBN : 9782234056039
Nombre de pages : 288
Date de parution : août 2003
© Editions Stock, 2003

>> http://www.editions-stock.fr

mercredi 5 décembre 2007

Internet and Co


Joomla! est un compagnon fidèle. Je le couve et le flatte d'un oeil amoureux, lui me répond dans son langage fleuri [clonck], et notre hymen ainsi se prolonge et résiste aux vents les plus sournois...

Joomla! est un système de gestion de contenu ! Du vrai, du solide, du garanti sur facture, de la race de champion ! La preuve en est : il a remporté en 2006 et 2007 le prix du meilleur CMS Open Source, par KO, toutes catégories confondues !

Inutile de dire que moi [son père adoptif, son amant, sa maîtresse, sa confidente, son amoureux et sa chérie, tout à fois] en ai été rendu bien fier...

Avec Joomla! vous disposez d'un site en ligne et pouvez le triturer tout à loisir. Modification d'articles, ajout de modules forts utiles [forums, newsletters, upload de documents, vente en ligne, gestion de projets, statistiques, photothèques, communauté d'utilisateurs...], il peut tout et fait tout...

A condition bien sûr de passer un temps considérable en paramétrages divers, d'essuyer sueurs froides et poussées d'adrénaline, pour adapter cette merveille aux désirs alambiqués de clients inconscients [d'autant plus que la diva à son petit caractère - comme on dit dans les pubs pour chat- et que la souplesse n'est pas son fort...].

Mais quand on aime on ne compte pas !...

>> http://www.joomla.fr
>> http://www.joomla.com

dimanche 2 décembre 2007

L'Amérique et ses mythes

Des allers-retours, une oscillation de pendule, un effet de marées.

Un rythme lent et profond, régulier, efficace.


Une relation toute faite de langueur, d'attente de se voir et de s'étreindre enfin, d'embrassades fugaces dans des espaces temps soudain accélérés.

Depuis ma petite enfance, le mythe persistant d'une Amérique heureuse. Pas très réelle, un peu lointaine sous l'effet de la distance. Une Amérique sautillante et travailleuse. Des tableaux de Norman Rockwell, des voitures pas possibles, des paysages 16/9e des films de Wim Wenders, des couleurs primaires et chaudes, des bleus, des rouges, des jaunes...

Des stéréotypes qui me faisaient rêver : des blocs de maisons toutes en briques rouille et en néons scintillants, des paquets emballés dans du papier brun, un dans chaque bras, qu'on tient bien serrés contre soi, des robes à pois voletant de mouvements amples sous l'ondulation du vent, des foulards et des lunettes de soleil extra larges.
Une Amérique urbaine nocturne, colorée par les phares de voitures, pareils à de grands serpents rouges s'étirant sans fin dans la chaleur de la nuit. Une Amérique rurale, de grandes maisons ossature bois, vaporeuses sous la chaleur du soleil.

Je faisais mon délice à rêvasser des heures durant à une vie d'hôtels miteux, de cafés brûlants et essorés servis encore et encore par des demoiselles pimpantes et cintrées dans des costumes d'un autre temps, de roads-movies sans fins...

Une litanie renouvelée sans cesse ! Des envois réguliers de cadeaux entre les deux rives de l'Atlantique : des calendriers de Garry Larson et des bouquins d'archi, des magazines du Tour de France et de recettes de grands-mères... Des cadeaux qui me semblaient alors tout droit venus de la planète Mars.

Une Amérique vécue aussi, de rencontres et de parlottes au longs cours ! Un rêve touché du bout des doigts ; au bras de beautés pas farouches - dans des décapotables dévalant les échangeurs autoroutiers, écoutant la radio crachouiller Loosing my religion de REM - en voyage expéditionnaire dans un Greyhound gaulé comme une navette spatiale métallisée et scintillante lancée comme une balle entre New Orleans et Los Angeles, dans le sud poussiéreux du Texas et de l'Arizona.

Et curieusement une odeur qui m'est restée, dégoûtante, enivrante, et à nulle autre pareille, celle de la pluie sur le bitume chaud, dans l'air du soir après une journée de torpeur.


Un va et vient renforcé par toute une flopée de héros de films, de bd et de bouquins ! Tous ayant quitté l'Europe natale pour tenter leur chance derrière la ligne d'horizon. Troquant la grisaille pour une vie de découvertes et d'aventures. Les personnages de Cosey, de Steinbeck, de Sinclair Lewis, de Bukowski sont tous les fils d'un oncle infernal, précurseur et pionnier d'un monde vierge à explorer.

Les années ont passé et insensiblement la fascination me rattrape. Fidèle à la folie qui me hante et m'a gagné depuis longtemps déjà, je décidai de passer de l'autre côté du miroir. J'ai choisi comme terrain d'atterrissage de ma planète d'adoption une Amérique inconnue de moi encore, mais cent fois fantasmée et caressée en rêves : un Québec canadien palpitant de vie, de chair et de sang.

Destin depuis longtemps tracé déjà ou fuite en avant en coup de folie particulièrement réussi ? L'avenir le dira... Toujours est-il que le prochain Oncle d'Amérique, c'est moi !

mardi 20 novembre 2007

Expo photo : Martine Barrat et Larry Clark

Deux belles expositions à la Maison européenne de la photo.


Martine Barrat "Harlem in My Heart".

Pas de photos stéréotypées et attendues [violence, gangs, haine, quartiers délabrés, drogue au coin des rues], mais des portraits, souvent riants, et un jeu superbe avec la lumière, jouant sur les contrastes.

La pauvreté, elle, est diffuse - [dans les arrières plans, les intérieurs un peu miteux, les portes brinquebalantes, les vêtements d'un autre âge ou, en négatif, les plus belles robes sorties pour la photo]- mais jamais au premier plan. De belles photos sensibles et distanciées.

Au final ça infuse et on s'imprègne tranquillement de ce qui fait le quotidien de ce secteur de New-York.

Il n'y a pas de photo volée, au contraire, elles sont posées et acceptées. Les images sont chaleureuses.
On mesure la prouesse de Martine Barrat de se faire accepter et de tisser des liens d'amitié avec tout ce petit monde.



Larry Clark "Tulsa, 1963 - 1971"

C'est la face cachée de l'Amérique.


La vie dans un bled paumé au fin fond de l'Oklahoma [bon, contre toute attente, Tulsa est une grande ville moderne de 400 000 habitants]. Une jeunesse à la dérive. Un quotidien d'ennui et de drogue.

Des photos à contre courant, dans la forme [style reportage, caméra sur l'épaule, au plus près de l'action] et sur le fond [on est bien loin de la gentille Amérique wasp et conquérante de Kennedy].

Les photos ont été prises dans les années 60, mais sont encore étonnamment modernes...

Et la volonté, toujours affichée par Larry Clark, de démontrer qu'il est possible de tracer son propre chemin.



En bonus, au dernier étage, une petite histoire de l'art vue par le prisme des Livres de nu ! C'est toute notre société qui s'en trouve dévoilée...


Le site de la Maison européenne de la photo : http://www.mep-fr.org
Crédits photos : Martine Barrat et Larry Clark

jeudi 15 novembre 2007

Les trois caps

Non content de traverser l'atlantique à toute vitesse (tout est relatif mes enfants, le comité de courses m'a déjà arrêté deux fois sans motivation crédible, je me plaindrai !), voilà que je me lance vaillamment dans un tour du monde aventureux et épique ! A moi enfin les rêveries de couché de soleil, le passage des trois caps et les surfs endiablés des mers du sud...

Les sains d'esprit peuvent suivent l'épreuve sur barcelonaworldrace.com, les schizophrène peuvent encore s'inscrire sur www.liveskipper.com, et tout le monde de se retrouver fatigués et heureux à Barcelone dans quelques mois pour faire la fête...

Mon bateau s'appelle Moby-Dick, celui de ma fidèle acolyte, Fend la Bise.

Amis d'écume je vous souhaite bon vent !

mardi 6 novembre 2007

Les papillons

Les papillons. Tranquillement jazzy ; parfait pour voir s'écouler en rêvassant cette journée qui s'étire en longueur...

lundi 5 novembre 2007

La saveur amère de l'écume sur nos lèvres

Il est des équipées déraisonnables ; des décisions prises sur le fil qui engagent une vie entière sans espoir de retour. Tout jouer sur un coup de poker, montée d'adrénaline... Sortir de l'ornière, vivre sa vie, réaliser ses rêves et entrer dans une zone sensible délicieusement dangereuse, pour se sentir vivant enfin et citoyen du monde....


Ceci dit, rassurez-vous : d'aventure dans ce post, il n'en est pas question !

Grâce aux charmes d'Internet, si vous n'avez pas de première vie vous pouvez vous en inventer une deuxième [forcément meilleures, hein, chérie !...] et, bref, entrer dans l'univers déroutant des univers parallèles.


Fana de voile mais croulant sous le travail et ayant les réflexes usés d'un panda neurasthénique, je décidai néanmoins de traverser l'atlantique à bord d'une machine au comportement forcément improbable. Par quelle prodige ?! Facile ! Car la technique est là, servile, guidant d'une main habile les schizophrènes aimant à repousser les limites de l'impossible : http://regate-virtuelle.france3.fr


Vous me retrouverez sous le doux nom de Moby-Dick, cinglant plein sud vers les eaux poissonneuses du Golf de Gascogne, une drisse dans une main, une fine légère dans l'autre, me tirant la bourre avec mon double d'écume : Fend la bise !

Encore un verre de Sherry, Darling ?