dimanche 7 septembre 2008

Une journée à Glastonbury







De la pluie, de la boue, des mariés, maya l'abeille, un dragon endormi, des chapeaux de paille, des oriflammes frémissants, la tête de la princesse de Lamballe (et son caniche), des lunettes fluorescentes, des étreintes volées et des baisers emportés par le vent !

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Mais encore...
Par ici les photos !

vendredi 5 septembre 2008

Ecriture automatique

Un été qui passe, tranchant et rapide comme un coup de rasoir ! Des cartes dépliées, repliées en vrac, émiettées, mâchonnées, dézinguées. Des voitures, des trains, des avions, des hôtels, des maisons de loc et une petite tente toute verte, héroïque et courageuse, bravant fièrement l'hostile climat anglais.

Des courses de vélo frénétiques sur de fluettes et sautillantes petites routes de campagne, des marches rêveuses à l'ombre des grands arbres aux larges feuilles piquetées de soleil, des heures de rêvasserie à l'ombre interlope et peu rassurante de parasols tout bourdonnant encore de l'agitation d'insectes nocturnes [chauve souris trouvant là un abri temporaire, papillons juteux et velus ayant définitivement établi résidence et araignées acrobates virevoltant de fil en fil].

Des iles océanes pour nous seuls, de longues heures de silence salées [Où je me coltine les aventures d'Adamsberg, de la Roumanie au Québec. Et de Varg Veum, plus dépressif que jamais...Ca va mal finir, je crains pour sa santé.] Du plaisir aussi de lire des polars écrits dans les années 80, quand le portable et l'internet n'existaient pas. Goddamm passez-moi un fax au plus vite Moneypenny, Londres est sous l’éteignoir [et moi-même je ne me sens pas très bien...] !

Des festivals frénétiques [Glastonbury - Electric Picnic], superbes de démesure et de décadence, enquillés les yeux écarquillés façon Orange mécanique, en apnée - pourvu que le corps tienne. Un frémissement à la surface des eaux, une onde, une clameur, quand tous nos souffles ne font qu'un ! Et la bière glacée de nous couler dans les poumons comme la sève alcoolisée d'un arbre de vie !

lundi 18 août 2008

Vacances

Quinze jours de courses. Pas de ces sprints éphémères qui claquent comme des balles et ne laissent dans la bouche qu'un plaisir perdu. Mais un effort long et soutenu - agréable quand le corps court seul et l'esprit vagabonde. De ces longues courses sous les branchages, des paysages magnifiques, des collines au loin toutes vaporeuses de brume, des sous-bois aux arbres élancés, aux larges feuilles piquetées de soleil. Des tapis de mousse et de résines de pin odorantes. Une foulée altière, flottant sous ces grandes cathédrales de lumière distillant la fraîcheur et le calme des églises.


Réception du visa pour le Canada, superbe et d'une blancheur immaculée. Sésame ouvrant les porte d'un monde nouveau...

Prochaine étape : l'envol !...

mercredi 23 juillet 2008

Décollage immédiat

Depuis deux jours je me ballade avec une petite Brune sur les épaules, et de grandes ailes de papillons dans le dos !...

Saturation d'oxygène et visions idylliques de Delirium tremens ... Etat d'apesanteur propre aux grandes altitudes...

Relâchement floconneux en un abandon extatique !

mardi 17 juin 2008

Deux lieux hors du temps

Le cabinet médical du docteur Plouf, antichambre de l'ambassade canadienne. Terrain neutre en suspend ; un monde un peu flottant, aérien, hors du temps et des lieux, comme suspendu entre deux rives.
Séance d'introspection et inspection méthodique d'un corps qui lentement se désagrège, mais essaye de n'en rien laisser paraître...


Dans la foulée, et pour prolonger cette sensation d'apesanteur - comme quand l'esprit se grise d'un trop plein d'oxygène - je filai illico à l'expo Camille Claudel. J'y retrouvai le Musée Rodin et mes amours de jeunesse - le luxe extraordinaire d'une maison de campagne au plein cœur de Paris, le souffle de la création et les ultimes limites de la fragilité.
De pièce en pièce, un dialogue suspendu entre les sculptures, qui se répondent en écho, comme un fil d'Ariane guidant aux portes de terres inconnues....

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Mais encore...
Le site du Musée Rodin : http://www.musee-rodin.fr

vendredi 30 mai 2008

Un long chemin et des petites pierres blanches

L'attende d'un visa de résidence permanente fait appel une vertu qui devrait être cardinale [et qui je pense doit être prise en compte comme un gage de motivation] : la patience...

Entre deux périodes d'attente, il est des courriers qui provoquent autant d'émotions qu'un message d'erreur de Microsoft dans un ciel d’azur : une lettre de l'Ambassade du Canada ! L'événement est alors fêté à sa juste mesure : champagne, apéro sur le Canal Saint-Martin et bobun royal au meilleur cambodgien de Paris !

Dans le dernier courrier en date : un ticket gagnant pour une visite médicale, avec prise de sang et Cie... Soit une mission angoissante pour tout paranoïaque / hypocondriaque qui se respecte...

L'examen médical est normalement la dernière étape avant l'attribution de la "brune" et du visa lui-même.

Si loin si proche... Attente...

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L'attente du visa peut être utilement mise à contribution pour préparer l'arrivée dans la Belle Province, notamment d'un point du vue professionnel.

Je profite de ce nouveau départ pour m'orienter vers un métier qui n'est pas très connu en France, mais qui semble établi au Québec : celui de "recherchiste / documentaliste" [Il consiste à effectuer une recherche sur un thème donné pour un tiers (auteur, entreprise...)].

Une nouvelle aventure dans l'aventure... Mais j'y reviendrai.

mercredi 28 mai 2008

Live skipper : épilogue...

Arrivée au petit matin dans le port de Boston à la barre de mon fidèle Oryx, à la 1156ème place. Le résultat d'une navigation un peu approximative [j'ai failli arriver à Montréal un peu plus tôt que prévu] faite de longues lignes droites et de coups de barre au gré des sautes de vent, mais finalement pas si mauvaise ; je gagne 400 places par rapport au départ ...

Vivement le Vendée globe !...

Dans la vraie vie, Loïc Peyron a remporté cette Transat Anglaise au terme d'une course passionnante !...

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Le site de la Transat anglaise :
http://www.thetransat.com

Le site de la course virtuelle :
http://www.liveskipper.com

lundi 26 mai 2008

Expo Marie-Antoinette

Superbe mise en scène de Robert Carsen pour un drame en trois actes.

L'enfance en Autriche dans un cadre grand bourgeois, bercée par une vie d'indolence, ce qui n'allait pas l'aider à être reine...

Le règne.
Les heures d'une femme enfant, papillonnant de plaisirs en amusements. Une reine s'enivrant de luxe et de fêtes, fuyant l'étiquette stricte de la cour dans des cercles d'amis restreints, au Hameau ou au Trianon.
Insensiblement, l'icône d'une royauté intouchable, s'effrite...

La chute.
Une pièce sombre, presque étouffante.
D'un côté des citations tirées de journaux intimes, une alternance d'espoirs et de renoncements.
De l'autre, les signes d'un monde nouveau, moderne et épique, tournant le dos à l'Ancien Régime. Une marche en zigzag vers un destin tragique.

Le plus émouvant est une petite coiffeuse toute simple - par rapport au mobilier pour le moins chargé des salles précédentes - surmonté d'un miroir au teint laiteux qui semble avoir gardé le souvenir de ceux qui s'y sont regardé. Pendant une seconde qui se fige - le vertige d'un voyage dans le temps - c'est le regard de Marie Antoinette que l'on voit dans le nôtre.

Au fond de la pièce, flottant comme un fantôme immaculé, le dessin de David, blanc et tranchant comme une lame de guillotine.

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Mais encore...

Exposition Marie-Antoinette au Grand Palais.
http://www.rmn.fr/Marie-Antoinette

mercredi 14 mai 2008

Live skipper et Transat anglaise

Après un tour du monde (virtuel rassurez-vous... ) mené de haute lutte, les pieds dans l'eau et la tête dans les étoiles, je rempile pour une course sur les serveurs de Live Skipper, cette fois en participant à la Transat anglaise !... Je ne suis pas vraiment amariné, comme le montre la trajectoire pour le moment un peu rectiligne de mon fidèle Oryx ; mais petit à petit les options se précisent. Coup de barre à tribord et route au Nord pour gagner les vents portants, et titiller les icebergs...

Dans la vraie vie 6 monocoques se suivent en moins de 50 miles, Foncia en tête, autant dire que la régate fait rage...


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Deux sites pour suivre la course : http://www.thetransat.com et http://www.liveskipper.com

mercredi 7 mai 2008

Allers et retours Paris / Province.

free music


free music


D'un côté un bleu gris de métal, de l'autre des verts tendres et acidulés. Des horizons de vapeurs fiévreuses ourlées de jaune, frissonnant au soleil.
Une campagne indolente, des routes noueuses se dérobant, ondulant sous nos pas aux heures mornes de l'après midi.

Des soirées de torpeur, un polar à la psychologie de superette [Jonathan Kellerman - Le monstre - truffé de petites phrases hallucinantes, mélange d'affect de bazar et de soupe en boite], un sommeil de plomb agité de tics nerveux, habité de volutes pailletées de couleurs, à l'image des ciels feuillus de sous-bois piquetés de rais de lumière, sans rêves - un sommeil d'innocence, comme doivent en faire encore les enfants et les chiens...


lundi 5 mai 2008

Bibliothèque idéale

Comme point de départ ; une idée de classement, de collection, d'établir des listes, de mettre au même niveau...

Dresser une liste des auteurs, lus et relus - qui, à force d'être trimballés dans des sacs de voyage, de prendre le soleil sur les plages avants des voitures, de se faire triturer dans tous les sens, font partie de la famille et même un peu de nous même...


Je voulais présenter ma bibliothèque idéale par auteur, avec une petite fiche descriptive associée... Impossible... En attendant cette fresque : une liste temporaire !

Romans
    Pete Dexter
    John Steinbeck
    Ernest Hemingway
    Sinclair Lewis
    Toni Morrison
    Jack London
    Herman Melville
    John Irving
    Peter Mayle

    Irène Némirovsky
    António Lobo Antunes
    Milan Kundera

    Blaise Cendrars
    Albert Camus
    Philippe Claudel ; Les âmes grises
    Daniel Pennac
    Céline
    Amélie Nothomb
    Boris Vian
    Charles Baudelaire

    Federico García Lorca

    Dante
    William Shakespeare
    Homère

    Alessandro Baricco
    Giacomo Leopardi « Je suis mûr pour la mort ! »


    J.K.Rowling
    John Ronald Reuel Tolkien

    Ahmadou Kourouma

    Tom Sharpe ; La route sanglante du jardinier Blott

    Gao Xingjian

    Luis Sepúlveda
    Francisco Coloane

    Frank Herbert : Dune
    Isaac Asimov


Polars
    James Ellroy
    Walter Mosley
    Jo Nesbo
    Gunnar Staalesen
    Ake Edwardson , Danse avec l'ange
    Henning Mankell
    Fred Vargas
    Agatha Christie


Historiens
    Jacques Le Goff
    Georges Duby
    Daniel Arasse
    Michel Winock
    Pierre Miquel
    Jean-François Sirinelli
    François Bluche
    Ivan Cloulas
    Pierre Grimal
    Jean Delumeau
    Michel Pastoureau
    Pierre Carlier


Bandes dessinées
    Cosey
    François Bourgeon
    Jacques Tardi
    Benoit Sokal

    Edgar P. Jacobs

    Manu Larcenet
    Sfar
    Lewis Trondheim

    André Franquin
    Tome et Janry
    René Goscinny

    Gary Larson
    Bill Watterson

lundi 28 avril 2008

Expo Patti Smith / Andrea Branzi

free music


L'expo, dans les sous-sols de la Fondation Cartier, donne l'impression de se perdre dans les pensées labyrinthiques d'une icône punk/rock. Un zeste de création expérimentale type année 60 - genre Easy rider en noir et blanc, le plan séquence du cimetière, sous acide...
Un accrochage original mêle projections sur plaques de plexi translucide, poésies et expériences sonores. La musique, noyée et perdue, semble curieusement absente...

De voir Patti Smith cloitrée dans les sous-sols, recluse dans les années 70, c'est un peu le regret d'une occasion manquée ; celui de ne pas avoir pris le parti de la modernité...
Cette musique - rugueuse et accrocheuse - et cet état d'esprit n'ont pourtant pas pris une ride. Et se seraient inscrits superbement, le volume à fond et lancés sans retenue, dans l'architecture élancée et aérée de Jean Nouvel !


L'expérience donne le vertige, et l'envie de vite regagner la surface pour respirer un peu d'air frais...

En surface, d'ailleurs, pour se changer les idées, il y a une installation de Andrea Branzi, légère, aérienne et rigolote comme tout !

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Mais encore...
Le site de la Fondation Cartier
http://fondation.cartier.com

dimanche 27 avril 2008

Bibliothèque idéale

Il est des questions rituelles ! Sans effort les mots trouvent leur place comme dans une seconde peau.

De quelle race de chien faire son ombre errante ?
Japonaises ou américaines (les motos j'entends…) ?
Au shaker ou à la cuillère ?

Les réponses sont rarement innocentes, chacun faisant avec ses idéaux les concessions qui s'imposent !

De toutes ces questions il en est une plus essentielle encore.

S'il ne devait rester qu'un livre. Si le monde se rétrécissait jusqu'à devenir un îlot perdu. Mes amis et ma famille partis.
L'essence des choses ne devenant que l'ombre d'elle-même.
Moi luttant et me débattant, enlaçant dans mes bras mes richesses, mais celles-ci s'effritant et tombant en poussière.

Ne pouvant sauver qu'un seul livre pour partager une éternité de solitude, quel serait-il ?

mercredi 23 avril 2008

Petite brise sur une mer d'huile...

Un frémissement, une irisation, comme provoquée par les grandes échasses maigrelettes et aériennes des araignées d'eau sur la surface lisse et tranquille des mares, dans le calme des sous-bois...

Premier signe annonciateur : une réunion d'information sur la Mauricie au Bureau d'Immigration.

Dans le couloir, des affiches du Québec au fil des saisons - Printemps Eté Automne Hiver. Comme pour rappeler une année de démarches, jalonnée de petites pierres blanches, entre attente et rendez-vous. Au bout des doigts, comme un mirage vaporeux, un eldorado et une terre d'aventure toute proche.
Le présent et le futur réunis en une tête d'épingle - un raccourci de l'espace et du temps - [les conditions idéales du Big-bang]...

Dans la foulée, presque naturellement - signe que l'animal avait besoin de se dégourdir les jambes - une lettre de l'ambassade nous informe que notre demande est prise en compte : ça n'a l'air de rien, mais mine de rien c'est une nouvelle étape de franchie !...


En parallèle de ces démarches administratives très encadrées et détaillées, c'est surtout le début d'un processus qui semble tout à coup beaucoup plus urgent : la réactivation des contacts et la préparation concrète du parachutage en terre promise !...

Si loin si proche... Attente...

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Le site indispensable à toute aventure Canadienne et Québécoise : http://www.immigrer.com

vendredi 18 avril 2008

J'adore Paris !

Saucissonné dans un siège charter en partance pour la Finlande, me voilà à la merci de mon voisin sympathique, affable, et néanmoins extrêmement alcoolisé, me susurrant à l'oreille d'une voix pâteuse chargée de Lapin Kulta (L'or de la Laponie) : J'adore Paris.

Le voyage suit son cours ; l'altitude ayant cette particularité intéressante de démultiplier l'euphorie, mon voisin s'enhardit et le murmure tendu mais presque distancié, maîtrisé au prix d'un effort violent, devint déclaration d'amour ; l'affection amicale, tirade dithyrambique et bientôt étreintes et sanglots !

Tout y passa :
    - Les monuments de Paris, les plus beaux du monde, figés comme les maisons de sucre d'Hansel et Gretel. Le Sacré Coeur dominant la morne plaine.
    - Les chanteurs populaires et non des moindres, la môme Piaf en tête, toute encore frémissante de passion, son petit menton qui tremble, toujours prêt à s'échapper de ses lèvres entrouvertes un murmure à vous fendre le coeur.
    - Les rues de clair-obscur, qu'on imagine sans peine en noir et blanc, les pavés scintillants encore d'une ondée dans le soir. Les photos qu'on a en nous et qu'on trimballe partout, de Doisneau et de Brassai.
    - Des parisiennes en Technicolor, toutes en robes flamboyantes, tressautantes de petits pas menus, belles et muettes, enivrantes comme un délire de fièvre.

Entre deux apparts [entre deux couches de peinture, ponçage, polissage, grattage et toutes ces sortes de mots en age], je sillonnai Paris d'Est en Ouest. Je repensai à mon ami finlandais et me disais que le Paris de ses rêves éthyliques avait bien changé...


Paris est vivant, et il bouge et il gueule ! Il est coloré et t'étreint et te mord, et souffle dans ton cou une rengaine mauvaise à ne plus te lâcher...

A vélo, la nuit, c'est un traveling de film !
Des Champs au Boulevard Saint-Honoré, on roule sur du velours. [Engueulade avec des taxis aux intersections - prise de la Concorde sous les marronniers, face à l'ambassade américaine - moment rare de satisfaction tenant à la main mon vélo tout pourri qui piaffe d'impatience passant en revue des bagnoles reluisantes faisant le pied de grue devant l'Automobile Club de France]. L'air ensuite devient une écharpe de luxe et le spectacle se déroule dans un décor de théâtre [Gomina, chemises roses et costumes rayés. Quelques hauts talons rehaussés de manteau de fourrure, en représentation devant l'Hôtel Costes, font des allers/retours pleins d'emphase entre deux limousines. Ca sent le soleil toute l'année, la saveur douce amère de la Margarita, le cigare et la brillantine].

Des Halles à la Porte Saint-Martin, la rue change de rythme. Rue des Petits-Carreaux, Rue Montorgueil, décrochage devant La Grille pour prendre vite fait la Rue Saint-Denis devant le Frog And Rosbif.
L'air du Nord est sec et vif. Plus râpeux aussi. Les couleurs sont moins tranchées, passent de l'acidulé rose bonbon au sombre du vert bouteille et au jaune olive. La vie à la consistance riche et pâteuse des grandes toiles d'Asger Jorn. Une vie rugueuse et des problèmes pas simples ; une densité de crêpe en béton. La chaleur monte aux joues et dans la gorge un goût de sang rouge et de rance poisseux se mélange à la salive.

Canal Saint-Martin - Terminus haletant. Cradingue et bohême. Le quartier change pourtant, des petites boutiques mignonnes vendant l'air du temps fleurissent un peu partout. Pour le reste, c'est mélangé, vivant, excité, énervé et heureux, et un peu n'importe quoi... Pique-niques de bazars hétéroclites, de bière et de champagne, apéros à Artazart, rock râpeux au Jemmapes, en français ou en polonais, selon l'humeur !

J'adore Paris !...