lundi 23 mars 2009

Trois expos à Beaubourg

Les années parisiennes de Calder (1926-1933).
- De nombreux portraits en fil de fer,  superbes et aériens.
- Les acteurs, grandeur nature, du Cirque Calder !
- Des documents d'archive, films et photos.


Quelques oeuvres sur papier du grand peintre danois Asger Jorn. L'expo se regarde vite ; avant de filer à l'étage rêvasser dans la salle réservée au groupe CoBrA et se fondre dans les grandes toiles colorées de Jorn, Karel Appel, Corneille, Alechinsky...


Une rétrospective est consacrée au vide. [Vides. Une rétrospective.]
La question est pertinente tant sont les artistes qui sont en équilibre sur cette corde de funambule.
Calder ou Miro... ; leurs oeuvres ne sont finalement que des touches de couleurs reliées par des fils invisibles, en équilibres superbes, jouant avec le vent.
[Comment d'ailleurs photographier un mobile de Calder, ou un masque en fil de fer, il n'y a quasiment aucune partie pleine ? ]

La question est ici traitée au premier degré : les salles sont vides, les murs blancs (même la salle Yves Klein, ce qui est un comble, non ?...). Aucune émotion, rien à partager. Un catalogue épais a été édité sur la question, j'imagine que les articles sont très savants et parfaitement illisibles.

L'expérience laisse à l'âme un sentiment de tristesse et de pitié.

De pitié pour les organisateurs de cette expo, ceux à qui elle s'adresse, ceux qui en ont rédigé le catalogue : leur vie ne doit pas être moins abyssalement vide de vie et d'émotions, de rencontres fraternelles et d'amours partagés.

De tristesse parce que tout cet espace perdu aurait pu être utilement utilisé pour exposer des artistes engagés, colorés, amoureux,  forts en gueule, timides, acharnés, délicats, légers, exotiques, décalés, optimistes, déprimés, contestataires ou parfaitement dans les clous ! Mais qui, de toute évidence, n'ont pas l'oreille des hautes sphères, ni l'entregent de leur confrère, et en sont réduits à n'être exposés nulle part...

--------------

Mais encore...
Le site internet de Beaubourg : http://www.cnac-gp.fr

vendredi 20 mars 2009

Listes en vrac !

Il y a ceux qui font des listes par amour ; c'est assurément la voie la plus romantique !

Les fesses clouées sur un tabouret de bar raide comme la justice, dans un rêve éveillé le dresseur de listes de courses accrochées au frigo se fige dans une pose de grand reporter, le corps épousant les formes arrondies d'un fauteuil club au cuir satiné, perdu là-bas, dans un paradis exotique du bout du monde, les doigts flattant le papier vieux d'un carnet Moleskine à la recherche du mot juste, femme et enfants envolés, le monde peuplé de jeunes filles aériennes toutes nimbées d'effluves de vanille et de parfums de pulsions interdites, lui susurrant, la main sur le coeur, le regard fiché dans le sien en un aplomb désarmant de provocation, que PUTAIN MAGNE TOI LE MONOPRIX VA FERMER [ou toute autre sentence propre à faire s'envoler les oiseaux exotiques dans un froissement d'aile...] !


D'autres font des listes par nécessité, à ceux là Internet peut rendre bien des services...

Pour des listes simples, genre de pense bête, point n'est besoin de faire trop compliqué ; un bloc-notes en ligne fait parfaitement l'affaire. Par exemple http://www.google.com/notebook ou, dans un genre encore plus simple, un widget Notes ajouté à Netvibes (http://www.netvibes.com).


Des solutions en ligne facilitent grandement le travail collaboratif en ligne, et la gestion de projets.

Toutes proposent une série d'outils articulés autour de 4 fonctionnalités fortes :
- Un espace de discussion entre membres du projet.
- La gestion de listes de tâches, pouvant elles-mêmes être rattachés à des jalons (milestones - sortes de miettes de pain à la Hansel et Gretel) .
- Une base documentaire regroupant tous les fichiers ayant trait au projet.
- Un calendrier.


Zoho Projects : http://www.zoho.com/
- Zoho marche dans les pas de Google et propose une foule de fonctionnalités en ligne (traitement de texte, feuilles de données, gestionnaire de prise de notes, wiki...), dans l'ensemble remarquables...
- Solution gratuite pour la gestion d'un projet, payante au delà.
- Hébergé sur les serveurs Zoho, limite d'espace disque.
- Calendrier en ligne qui regroupe tâches / jalons et réunions.
- Va au-delà des fonctions de base : gère une feuille de temps passé (travail facturé, non facturé), et propose un outil de facturation en ligne.


ProjectPier : http://www.projectpier.org/
- Solution gratuite tournant avec php/mysql, les fichiers sources doivent être téléchargés et installés sur un serveur.
- La liste de tâche peut être exportée au format Ical, et intégrée dans des calendriers (Outlook...).
- Les droits des membres peuvent être gérés assez finement par projet.


Collabtive : http://collabtive.o-dyn.de/
- Navigation fluide
- Une propension énervante à classer un projet comme Terminé d'un coup de clic mal placé... Il est ensuite assez difficile de revenir en arrière et de retrouver l'état initial des tâches.


Basecamp : http://grouphub.com/
- Outil qui revient partout et qui semble être la référence.
- Payant

Microsoft Project met l'accent sur la gestion du planning et des coûts, et s'appuie sur une représentation graphique du projet (diagramme de Gantt)
http://www.microsoft.com/france/office/2007/programs/project/overview.mspx

GANTT Project
(http://ganttproject.biz/) et Open Workbench (http://www.openworkbench.org/) sont des concurrents gratuits de Microsoft Project.


Et de nombreux autres du même cru [une veille sur le sujet laisse entrevoir une panoplie fabuleuse de costumes/cravates du plus bel effet, enfermant - comme autant de chrysalides - des spécimens types du GI Joe aux mâchoires carrées et regards déterminés tournés vers un avenir flamboyant. Donneront-ils naissance à de mignons petits papillons ? On se le demande... (et rien n'est moins sûr...)].

mercredi 18 mars 2009

Bonheur et Cie !

Luxe calme et volupté, amour gloire et beauté, et toutes ces sortes de choses !!

En tous cas ; une douce sensation d'apesanteur, et je flotte béat dans l'air comme un pollen printanier gonflé à l'hélium [les allergies en moins…].
Dans deux mois, décollage pour le Québec et ses horizons sans limite !

J'ai tellement caressé ce moment du départ, tellement rêve de ce pays, de sa nature sauvage et de ses territoires vierges parcheminés de lacs, de ses villes à angles droits sentant bon le goudron chaud et la poussière après les chaudes pluies d'été, de ses hivers polaires, j'y ai si souvent projeté mes projets et fantasmes lors de longues heures de somnolence éveillée, si souvent sillonné ses chemins tortueux, terrains de jeux d'un road-movie sans fin, le regard perdu devant les effluves montantes d'une fièvre vaporeuse; tellement d'attentes et d'envies face à cette vie nouvelle d'improbables aventures, que le voyage tranquille vers la rive soeur de l'Océan Atlantique me fait l'effet d'une traversée du miroir et d'une expédition sur Mars !...

mercredi 4 mars 2009

Vive le travail en open-space...

Arrivée 10h30.
Une heure à commenter les photos de la cuite de la veille. [L'amour façon Didine. Encéphalogramme plat. Le niveau zéro de la vie sentimentale. La quarantaine fanée. Des rêves de midinettes brandis comme des étendards.]
Pause déjeuné jusque 15h.
Une heure de travail poussif, entrecoupée d'envois - réceptions de mails perso. Gloussements et rires étouffés.
Une heure à préparer la cuite du soir. Mise au point de rencards minables bricolés avec des abrutis de bas étages. [Avec lesquels aucune personne censée ne voudrait discuter, encore moins embrasser, encore moins coucher avec, encore moins de faire tripoter, sous peine d'en ressortir plus sale qu'on y est entrée, souillée, pantelante, et le moral en berne...]
Sortie à 17h.

Vive le travail en open-space !...

jeudi 26 février 2009

Campagne d'hiver...

Longue traine de vent d'hiver, erratique et finissante, se trainant - docile comme un vieux chien battu - parmi les feuilles éparses des arbres déplumés ; les flattant de ses caresses exquises.
Plaisir frissonnant, survivance d'un mirage d'hiver dans la campagne bourgeonnante du redoux de printemps. 
Herbe rase roussie de givre. Champs détrempés de pluie de déluge, onctueux de boue grasse et collante.
Teintes orangées matinées de bruns profonds.
Partout dans l'air les prémisses de temps meilleurs. Des temps de retrouvailles et d'horizons de fuite dans un air de cristal.

vendredi 19 décembre 2008

In other words...

Ambiance primesautière et guillerette au large de la rive droite !
Cap à l'est pour les prochains jours. Comme en mer, le chemin le plus court vers l'Amérique, ses caveaux enfumés et ses mains jazzy, n'est pas forcément la ligne droite... Tout est dans l'art de l'esquive et l'attente du voyage fait partie du plaisir !...

Découvrez Frank Sinatra!

mercredi 17 décembre 2008

Tara au Pont Alexandre III


© Francis Latreille/Tara-Arctic


Tara, bateau mythique, est accosté à Paris sous les voutes et les culs dorés des angelots Empire du pont Alexandre III.

Cette goélette à la carène impressionnante spécialement conçue pour résister aux forces de compression des glaces, imaginée par Jean-Louis Etienne et dessinée par les architectes navals Luc Bouvet et Olivier Petit, connaît un destin exceptionnel...

A son bord, Jean-Louis Etienne voulait revivre l'épopée de Fridtjof Nansen qui, sur le Fram, avait dérivé durant trois ans, pris dans les glaces arctiques.

Le projet sera annulé faute de moyen et pendant près de six ans - 1991 à 1996 - le bateau va naviguer dans les eaux glacées des hautes latitudes.

1991-92 : Expédition Antarctica en Patagonie, la Terre de Feu, et Péninsule Antarctique
1993-94 : Expédition Erebus en mer de Ross
1995-96 : Expédition au Spitzberg


En 1999, Sir Peter Blake rachète Antarctica à Jean-Louis Etienne, et le rebaptise Seamaster.
A son bord il engage une série de voyages d'études en Terre de Feu et Amérique du Sud. Ces expéditions connaîtront un dénouement tragique ; en 2001 Blake est tué par un groupe de pirates dans l'estuaire de l'Amazone.


En 2003, Étienne Bourgois, directeur général d'agnès b. reprend le bateau et le rebaptise Tara.
De septembre 2006 à février 2008, Tara, fer de lance du projet DAMOCLES et renouant avec le projet visionnaire de Jean-Louis Etienne, se fait enserrer par la banquise et est reconverti en laboratoire d'étude. 
Trois équipes d'une dizaine de personnes de relayeront à son bord.

Les matériaux, relevés et observations recueillies par ce projet scientifique visant à mieux comprendre les changements climatiques au-delà du cercle polaire sont actuellement en cours d'analyse.
Une chose est sûre cependant, sous les actions conjuguées de l'effet de serre et de l'albédo -[pouvoir d'une surface à réfléchir la lumière du soleil]- la banquise fond à une vitesse alarmante. Les scientifiques estiment en effet que d'ici une quinzaine d'années, la glace des pôles aura disparue en été.

Monter au bord de Tara c'est déjà sentir frissonner sur sa nuque le souffle glacé et piquant de l'aventure !

---------------------------------


Mais encore :

Crédit photo
© Francis Latreille/Tara-Arctic
La goélette Tara prise dans les glaces dans la région du pôle nord géographique.

Une exposition annexe fourmille de détails sur les problématiques et enjeux du programme DAMOCLES.
Le site Internet du programme : http://www.taraexpeditions.org

Le site de Jean-Louis Etienne, aventurier, scientifique et amoureux des hautes latitudes.
http://www.jeanlouisetienne.fr

Le Fram - navire d'expédition polaire de Fridtjof Nansen, Otto Sverdrup et Roald Amundsen - est exposé au Frammuseet, dans le fjord d'Oslo.
http://www.fram.museum.no/en/


La visite de ce musée qui sent bon le vieux bois et la graisse, pour ensuite manger un sandwich de blé noir en regardant la mer et attendant la navette qui vous ramènera tranquillement au port - tout ça pour la modique somme d'un bras - est un plaisir qui vaut largement le voyage !...

jeudi 11 décembre 2008

Attention quart d'heure mièvre !

Quitte à écouter du Beatles, autant prendre les devants... Et sans risquer la rupture, ployer tel le bambou sous le vent aride des mornes plaines... Et pas de réflexion ; si tu colles deux thunes dans le bastringue t'en as pour deux plombes, chérie !!


Découvrez The Beatles!

mercredi 10 décembre 2008

Charrettes

Code dans tous les sens - Joli petit monticule de signes inutiles. Derniers projets, dernières charrettes. Et de finir le cycle comme il a commencé, à fond !

samedi 29 novembre 2008

Temps de chien

A la tombée de la nuit à Paris, un temps entre chien et loup.

Un vent d'automne chargé encore un peu des réminiscences de l'été, mais porteur de temps mauvais ; annonciateur en tourbillons persifleurs de relents sableux et de poussières de la ville ; laissant dans les yeux des larmes de crocodile amères et salées qui font ressembler les avenues bariolées des feux rouges de voitures à des rayures de zèbre.

Des ombres tourmentées des mille vies alambiquées de cette cité lunaire prend naissance et s'échappe un brouillard enveloppant et glacé, vaporisé de gouttelettes microscopiques et pétillantes. Les pavés en prennent, dans un reflet mouillé, la teinte luisante de clair obscur. Les grands arbres en ont l'écorce poisseuse et brunasse, laissant la main collante comme après une étreinte visqueuse. Les murs de calcaire transpirent de tous leurs pores de cette fièvre mauvaise.


Deux silhouettes qui s'avancent au coeur de l'hiver ; un homme et son chien. Fiers et beaux, maigres pareils, marchant d'une allure commune. Semblables aux dieux et aux aveugles ils en partagent le destin en une infirmité qui les transporte au delà de notre horizon commun, par delà la vie même. Au premier, une jambe raide qui infléchit sa route en un sens mystérieux. Au second, béquille au trottinement saccadé de valse rouillée, l'absence de patte arrière droite.
Deux vies tellement confondues de corps et de pensée qu'elles s'assemblent en une sculpture hybride, à la façon d'un centaure moderne.

vendredi 21 novembre 2008

mercredi 5 novembre 2008

Yes we can

Je m'étais habitué, moi, à voir des présidents noirs dans les films de science fiction [statut présidentiel qui, grâce providentielle, les empêchaient de mourir avant la fin...].
Nouvelle sensationnelle, voilà que la fiction rejoint la réalité !...

Sans les aliens, merci...


samedi 1 novembre 2008

Upside Down - Les Arctiques


Superbe et très émouvante exposition consacrée à la civilisation esquimau, au Musée des arts premiers à paris.

Les territoires concernés sont immenses, et s'étendent d'Ouest en Est ; poursuivant une marche entamée il y a 10 000 ans à travers les étendues glacées arctiques, de la Russie au Groenland, à travers le Grand Nord canadien.

La mise en scène très épurée tend à mettre en avant les traits principaux de cette civilisation. Ceux d'un monde flottant, aux frontières floues et mouvantes. Un monde poreux dans lequel communiquent plus ou moins librement les vivants et les morts, le réel et l'imaginaire, une nature omniprésente et un bestiaire fantastique, une ironie à fleur de peau et une adaptation incroyable à un cadre de vie pour le moins hostile.

Dans ce monde sans verticalité, l'horizon sert de frontière vaporeuse à un monde à deux dimensions. A l'endroit le monde visible et tangible. A l'envers un monde de forces intangibles [mais non moins réelles], vibrantes et bouillonnantes, que les chamanes et initiés, dans des périodes de transes, ramènent à la surface.

Plusieurs centaines d'objets, tous superbes, témoignent de cette culture millénaire. Sculptés dans du bois, de l'ivoire, des défenses de morse, ils offrent un luxe de détails extraordinaire.

Chaque pièce est une oeuvre d'art à part entière, tout à la fois renfermant une force pas possible, un souffle qui balaye le Grand Nord et que rien n'arrête, ouvrant sur un monde nouveau, mais aussi d'une fragilité, d'une légèreté, d'une ironie peu commune.

Assez petits, gardiens et acteurs d'un monde fabuleux, ils sont le reflet en raccourci de cette civilisation nomade.

------------------------------------

Quelques ouvrages indispensables pour prolonger l'exposition.

Les livres de Jean Malaurie, scientifique et grand spécialiste des peuples inuit. Notamment Hummocks et L'appel du Nord présentant de superbes photos prises au cours de ses nombreuses expéditions.

Heq : le Chant pour celui qui désire vivre, de Jorn Riel. Un des plus beaux livres que j'aie lu, au plus près de la vie...

------------------------------------

Le site de l'exposition au Quai Branly
http://www.quaibranly.fr/fr/programmation/expositions/a-l-affiche/upside-down-les-arctiques/index.html

mardi 28 octobre 2008

Francis Joyon sur la Route de la découverte

Francis Joyon, mettant ses étraves dans celles de Christophe Colomb, s'est élancé ce matin sur le parcours de la Route de la découverte, reliant Cadix et San Salvador (Bahamas) via les Canaries.

L'objectif est de faire mieux que le temps effectué par Thomas Coville sur la même distance et 2005, soit 10 jours et 11 heures.


Une tentative à suivre en direct (ou presque) [explications, photos, parcours avec relevés réguliers des positions...] sur le site http://www.trimaran-idec.com